Il y a 300 ans, le monastère de Port-Royal des Champs était fermé sur l’ordre de Louis XIV. Voilà ce que le duc de Saint-Simon, qui pour une fois reste sobre dans sa critique, dit de cet événement : « Il fut donc rendu un arrêt du Conseil en vertu duquel, la nuit du 28 au 29 octobre, l'abbaye de Port-Royal des Champs se trouva secrètement investie par des détachements des régiments des gardes françaises et suisses, et, vers le milieu de la matinée du 29, d'Argenson arriva dans l'abbaye avec des escouades du guet et d'archers : il se fit ouvrir les portes, fit assembler toute la communauté au chapitre, montra une lettre de cachet, et, sans leur donner plus d'un quart d'heure, l'enleva toute entière. Il avait amené force carrosses attelés, avec une femme d'âge dans chacun : il y distribua les religieuses suivant les lieux de leur destination, qui étaient différents monastères à dix, à vingt, à trente, à quarante, et jusqu’à cinquante lieues du leur, et les fit partir de la sorte, chaque carrosse accompagné de quelques archers à cheval, comme on enlève des créatures publiques d'un mauvais lieu. »
La dispersion des sœurs et la destruction du monastère a marqué un tournant dans la vie des jansénistes. Cette abbaye, perdue au milieu de la vallée de Chevreuse à proximité du village de Magny-les-Hameaux, a été un des haut-lieux de la spiritualité du XVIIe siècle. Participant à la Contre-réforme, les religieuses et les Messieurs ont décidé de vivre leur foi en se retirant du monde, de consacrer leur vie à l’étude et à la prière. Le rayonnement de Port-Royal a été grand, Jean Racine y a été formé et ses œuvres sont largement empreintes de l’esprit du lieu.
Aujourd’hui, cette belle vallée est devenue un lieu de mémoire pour certains, et un musée pour tous. On y présente dans un cadre magnifique les reliques des grands noms du mouvement port-royaliste, mais aussi des livres, des tableaux et pour quelques jours encore une magnifique exposition de trois maîtres de la peinture française du XVIIe siècle : Philippe de Champaigne, Jean-Baptiste de Champaigne et Nicolas de Plattemontagne.
Les dessins exposés aux Champs présentent les travaux préparatoires de ces artistes et montrent leur technique virtuose. On y voit naturellement beaucoup de scènes religieuses, l’Eglise étant un grand commanditaire, mais on comprend aussi comment naît une œuvre. Ceci est particulièrement visible pour le tableau Saint Gervais et Saint Protais apparaissant à Saint Ambroise (Paris, musée du Louvre). Philippe compose sa première esquisse, les saints ont les bras le long du corps, l’espace est fixé, mais le mouvement est absent. Dans un deuxième temps, il retravaille Gervais et Protais et leur fait lever les bras. Finalement, dans le modelo du Louvre, les personnages ont acquis par cette réflexion une dynamique propre à entrainer le tableau et à renforcer le sens symbolique de l’œuvre.
L’exposition présente aussi quatre feuilles explorant une dimension peu connue de l’œuvre de Philippe de Champaigne: le paysage. Une feuille attire en particulier l’attention, il s’agit de la vue de l’abbaye de Port-Royal des Champs conservées aux Beaux-Arts de Paris. Cette feuille presque inconnue jusqu’alors vient de retrouver son auteur, mais aussi son sujet et sa datation, par un travail d’analyse absolument exemplaire que le conservateur du Musée des Granges, Philippe Luez, évoque avec maestria.
J’ai vu cette exposition un peu tard, elle se termine d’ici mais un très beau catalogue a été édité. Il est d’autant plus précieux que les dessins sont des œuvres qu’il est difficile d’exposer. Comme le rappelle le conservateur, lorsqu’une feuille est exposée pour une présentation, il est tout à fait possible qu’elle ne sorte plus des cartons pendant plusieurs dizaines d’années. C’est donc une chance de pouvoir les admirer et il ne faut pas passer à coté.
L’été parisien va donner à ceux qui auront le plaisir de passer quelques jours dans la capitale de quoi les occuper. Une très belle exposition sur Calder à Beaubourg, et dans le même temps et le même lieu une présentation qui m’a moins plu sur Kandinsky. Il y a tant de choses à découvrir qu’un été ne suffira pas, mais malgré tout, il faut souligner un dernier événement : Voir l’Italie et mourir. C’est une exposition qui a lieu en ce moment à Orsay. Le titre n’est pas révélateur de la beauté du contenu !
Bon été à tous et surtout n’oubliez pas que le site de Port-Royal des Champs est une vraie perle ! Les randonneurs comme les curieux pourront y trouver beaucoup de plaisir et de fraicheur durant ces mois, que nous espérons tous, ensoleillés.
Musée de Port-Royal des Champs, Route des Granges, 78114 Magny-les-Hameaux.
Olivier Andurand, le 24/06/2009.
L’Egypte est un pays à part dans notre imaginaire. Pas besoin de longues démonstrations pour prouver cet état de fait: les expositions de ces derniers jours à Paris laissent une large place au pays des Pharaons. Elles connaissent un vrai succès, mérité, et très révélateur des liens particuliers entre France et Egypte.
A l’Institut du Monde Arabe, on voit le jeune général Bonaparte installé sur un dromadaire parcourant le désert égyptien, cette image ouvre une présentation consacrée à l’expédition du Directoire dans la vallée du Nil.
Cette exposition étant terminée aujourd’hui, je ne la décrirai pas en détail, mais elle signale de façon évidente que le goût de l’Egypte était fort au temps de Bonaparte. Si le Directoire envoie le jeune général en chef de l’Armée d’Italie si loin de la France, c’est pour couper une des bases-arrières anglaises, mais si Napoléon accepte c’est du côté du mythe qu’il faut chercher la raison. Bonaparte devient l’égal des grands conquérants, Jules César, Alexandre… sa mission ne revêt pas seulement un caractère militaire mais aussi un aspect scientifique. La France se livre à une étude approfondie de la civilisation égyptienne et en particulier à l’étude des hiéroglyphes.
On en connaît la triste histoire. Après la défaite des Français en Egypte, la pierre de Rosette, clef de voûte de la recherche égyptologique naissante, devait arriver à Londres dont elle n’est plus jamais sortie. Heureusement, c’est un Français, Jean-François Champollion, qui en a fait la première traduction et a été le premier à comprendre l’égyptien antique. Sans la pierre, loin de l’Egypte, Champollion est la preuve que le pays des Pharaons est omniprésent dans le monde français du XIXe siècle et aujourd’hui encore…
Les collections égyptiennes du Louvre sont très riches et c’est en partenariat avec d’autres grands musées européens, le Ägyptisches Museum de Berlin et le Bristish Museum de Londres, que l’actuelle présentation intitulée « Les Portes du ciel » a pu se monter.
C’est une exposition magnifique autour de la mort et des rites qui entourent le passage du défunt vers la vie éternelle. C’est aussi une réflexion sur la dialectique de la présence et de l’absence. Les Portes du ciel sont le nom que les Egyptiens de l’Antiquité donnaient aux portes qui fermaient le meuble sacré abritant la statue du dieu. En les ouvrant, le prêtre entrait en contact avec la divinité et en les fermant, il annonçait la renaissance future.
En présentant ces multiples œuvres d’art, les conservateurs nous invitent à entrer dans l’au-delà des Egyptiens. Nous y côtoyons Osiris, Horus et la grande déesse Isis, mais nous entrons aussi dans un monde qui a sa propre réalité et qu’il est possible de cartographier. Cette carte stupéfiante présente le chemin que l’âme du défunt doit parcourir avant d’arriver dans la demeure des dieux. Pour assurer la communication, et la communion, des deux mondes, certains lieux servaient de seuil, de passage privilégié, c’est le cas de la chapelle, qui souvent figure une série de portes enchâssées les unes dans les autres. Derrière, se trouve l’au-delà, le royaume des morts, qui devient presque sensible et concret par ce moyen.
Outre les analyses très intéressantes que cette exposition permet d’aborder, on peut surtout y admirer des œuvres d’une très grande beauté. Les statues en granit noir sont d’une pureté extraordinaire ; les couleurs, en particulier sur la stèle funéraire de la Dame Tapéret qui constitue le phare de la présentation, sont fortes et d’une grande modernité. Si les Egyptiens cherchaient à gagner le ciel, leur art nous permet de l’atteindre !
L’Egypte est donc toujours au cœur de notre actualité intellectuelle. Pour nombre de personnes, il y a deux pays qui font plus rêver que les autres. L’Italie, notre voisine et presque sœur, et l’Egypte, plus lointaine, mais qui semble tellement familière tant elle irrigue notre propre culture.
Les Portes du ciel, visions du monde dans l’Egypte ancienne, Paris, Musée du Louvre, 6 mars – 29 juin 2009
Olivier Andurand, le 07/04/2009.
Certains géographes disent, à raison d’ailleurs car ils ne peuvent pas toujours avoir tort, que l’espace n’est pas identique pour tout le monde. Chaque individu à ses propres repères familiers et ce qui est familier au premier ne l’est pas pour le second et réciproquement.
Ainsi, comme chaque parisien, j’ai mon espace vécu ; certains des arrondissements me sont presque totalement inconnus ; je ne cache pas que j’ai une certaine réticence à m’y rendre. Cependant la raison doit nous éclairer, il faut donc lutter contre toutes les formes de superstitions et de préjugés. En conséquense, c’est dans un but que n’aurait pas dédaigné Voltaire, rien que ça, que je me suis rendu dans un lieu qui ne fait pas parti de ma géographie familière.
Petite description qui vous permettra à coup sûr de découvrir quel endroit a reçu ma visite : les rues sont larges, vides, les trottoirs déserts et la chaleur humaine presque absente. On trouve dans ces rues quelques grosses voitures allemandes ou bien anglaises. Si je vous dis que cet arrondissement fait face à la Tour Eiffel, vous l’aurez deviné, il s’agit du sémillant XVIe arrondissement de notre magnifique capitale.
Mon masochisme étant très limité, je ne suis pas allé là-bas pour avoir le plaisir de contempler la nonciature apostolique ou les statues de la place de Varsovie. Non, je voulais voir l’exposition actuellement présentée au Palais de Tokyo, plus connu aujourd’hui sous le nom de Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Il y avait donc foule, avenue du Président Wilson. Il faut dire que la présentation Giorgio de Chirico était très attendue, cela faisait au moins vingt ans que le public français n’avait pas pu admirer ce peintre italien.
Chirico se disait peintre « métaphysique », mais il reste assez accessible. S’il est proche des surréalistes et des futuristes, il conserve, à mon sens, une identité propre qui le rend difficilement classable. L’œuvre présentée fait écho à l’expo Le Futurisme à Paris, une avant-garde explosive ainsi qu’à la grande rétrospective Picasso du Grand Palais. On voit en effet, l’évolution de la technique picturale de Chirico ainsi que les œuvres qui l’ont inspiré. De l’Antiquité à Titien, toutes les grandes toiles qui ont marqué l’histoire de l’art italien, et donc mondial, ont été réinterprétées par le peintre pour lui donner une actualité plus forte.
L’art moderne et contemporain ne fait pas partie de mon paysage artistique familier. Malgré tout, je dois confesser que depuis quelques temps, je me risque vers les zones les plus obscures de cet art contemporain.
Avant de rendre visite au peintre « métaphysique », je me suis lancé dans une expérience « liturgique. » Un artiste ukrainien, Oleg Kunic, a réinterprété les Vêpres de la Vierge de Monteverdi au théâtre du Châtelet.
La musique était divine avec une mise en scène, pour le moins, déroutante. Avant le début du spectacle, l’ensemble du personnel du théâtre était habillé en moine, avec de grosses clefs autour du cou. Une fois le public assis, un homme avec une barde de pope, ledit Oleg Kunic, monte sur scène pour avertir le spectateur qu’il va assister à une première expérience de « liturgie spatiale. » Les musiciens avaient des miroirs sur la tête et il y a avait un grand panneau de plastique au-dessus de l’orchestre. J’avoue bien volontiers que la séance a été dure. Le moment le plus terrible a tout de même été de voir un danseur en train de se démonter les hanches à faire des acrobaties en entendant un air comme « Laudate Pueri » ou « Ave Stella Maris »… Malgré tout, il y a eu des moments de grâce véritable, et la mise en scène ne gênait en rien la magie de la musique. Le plus amusant reste quand même l’entracte. La salle avait interdiction d’applaudir, et pendant la pause, une espèce de musique bizarre emplissait le théâtre.
Les contrées de l’art contemporain restent donc pour moi très difficile à saisir, mais j’incite, tous ceux qui sont un peu réticents à ces manifestations, à aller tout de même les voir. Qui sait, peut être y trouveront-ils de beaux moments qui pourront les amener vers un changement d’avis… et un bon moment ne se refuse jamais !
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. 11, avenue du Président Wilson 75116 Paris.
Olivier Andurand, le 17/02/2009.
La vie est bien réglée : à Pâques, les chocolats, en juin le bac, en juillet, les vacances, en septembre la rentrée qui arrive toujours trop vite et en décembre Noël avec ses décorations de plus ou moins bon goût. Je tiens à faire remarquer que d’après une observation personnelle, le nombre de Père Noël abandonné sur les balcons ou sur les toits a diminué ! Ce site doit avoir un écho bien plus important que je ne le pensais ! Et enfin pour terminer ma litanie de passages incontournables dans l’année : les vœux du 1er janvier.
J’adresse donc à tous ceux qui liront ces lignes ou visiteront ces pages, tous mes vœux de bonheur, de réussite (au bac mais aussi pour toute autre chose) et de prospérité. Dans ces temps de crise et de morosité, il faut garder le moral et penser que les beaux jours vont revenir vite. D’ailleurs la longueur du jour a augmenté depuis quelques temps : le printemps revient !
Ne pouvant rester sur un texte aussi court, je vais me faire annonceur. Il y a encore, et comme toujours, beaucoup d’expositions à voir à Paris. Il y a toujours Bonaparte et l’Egypte à l’Institut du monde arabe, c’est une très belle présentation qui montre la richesse et le caractère exceptionnel de la campagne d’Egypte de 1799. Dans un registre un peu différent mais tout aussi passionnant, je viens de découvrir une petite expo à la Conciergerie sur les Expositions universelles de Paris de 1855 à 1937. C’est un sujet vraiment intéressant et rarement traité. On va enfin pouvoir contempler une somme de documents sur ces moments si importants de la vie parisienne du XIXe siècle et du début du XXe siècle. La Tour Eiffel, le Grand Palais, le pont Alexandre III… Tout y est, et on voit à travers ces œuvres que Paris n’est pas une capitale comme une autre et qu’au tournant du siècle, Paris est un centre, non… pardon, LE centre du monde. Enfin, il me faut signaler un accrochage vraiment original au Musée d’Orsay dont le titre ne l’est pas moins, « Paris, probable et improbable ». C’est attirant et je vais m’empresser d’y aller.
D’une année sur l’autre, le temps passe mais ma préoccupation ne varie pas. Et je terminerai ce texte en vous souhaitant une année pleine de découvertes artistiques et en réitérant mes espoirs de l’an dernier : seule une vaste culture peut permettre de s’épanouir, de rêver, et de trouver la ressource nécessaire pour surmonter les épreuves que la vie nous réserve.
Olivier Andurand, le 11/01/2009.
Je sais à quoi vous pensez ! Mais non, il ne s’agit pas du Beaujolais nouveau qui est déjà sur nos tables depuis quelques jours ! Non, il s’agit de mon petit édito sur les deux événements dont je vous ai parlé précédemment. J’ai profité du mauvais temps pour aller fureter du coté du Louvre et du Grand Palais pour voir les deux expositions sur Mantegna et sur Picasso.
Soyons respectueux pour les Anciens et commençons par la très belle exposition que le Louvre consacre à Andrea Mantegna. Avant d’en relater plus, je dois mettre en garde les éventuels visiteurs. Comme tout le temps, le hall Napoléon est plein. Dès que le stade des 250 hôtes est franchi, le parcours devient vite délicat. Les gens restent devant les œuvres et le passage devient vite difficile. Il faut parler de passage effectivement, puisque la contemplation relève de la gageure. Malgré tout, en se glissant entre deux groupes, on arrive à apprécier la qualité des toiles présentées.
Le parcours est très bien fait et le contexte de création est présenté de manière extrêmement pédagogique. Beau-frère de Bellini, le génie vénitien, Mantegna le mantouan d’adoption a une source d’inspiration très nettement vénitienne. Le parallèle entre sa crucifixion, aujourd’hui au Louvre, et les œuvres de Bellini est saisissant. De même, les grandes palla des églises vénitiennes viennent directement à l’esprit lorsque l’on contemple la Madona della vittoria. Pour finir, les responsables de la présentation ont voulu montrer l’inscription de Mantegna dans le contexte intellectuel de son temps. Il utilise dans sa peinture les grands thèmes humanistes et l’Antiquité païenne est omniprésente. Du triomphe de César au studiolo d’Isabelle d’Este, on voit un peintre pleinement pris dans les évolutions artistiques de l’Italie de la fin du XVe siècle. L’exposition est magnifique et c’est de tout cœur que je vous la recommande. Surtout à vous, chers élèves de seconde qui pourraient lire ce texte, cette exposition est faite pour vous !
L’autre grand événement parisien du moment est au Grand Palais. Les équipes du Musée Picasso, du Louvre et du Grand Palais ont rassemblé une quantité impressionnante de chefs d’œuvre. Picasso est au centre de toutes les attentions mais ce n’est pas le seul grand artiste que l’on peut admirer. Rembrandt, Poussin, Vélasquez, mais aussi Manet, Titien ou encore Ingres voisinent avec le maître catalan. La présentation permet de voir que Picasso a une connaissance profonde de la peinture des siècles précédents. Si parfois les parallèles sont techniques, sur l’utilisation de la lumière par exemple avec la comparaison entre Zurbaran ou Rembrandt, mais aussi sur les sujets où le Déjeuner sur l’herbe de Manet est une source directe d’inspiration pour Picasso.
Mais les plus grandes recherches de Picasso, à la lumière de cette exposition, tournent autour de l’œuvre immense de Vélasquez. Le tableau Les Ménines qui n’est pas exposé directement mais rappelé par une projection dans la salle, est le point d’orgue de l’expo. On y découvre les différentes études de Picasso. On contemple son travail autour des Ménines, d’ailleurs c’est une des toiles de cette série qui fait l’affiche de l’exposition, on voit aussi juxtaposer le nain Sebastian de Morra, et l’infante Marie Marguerite dans leur version originale par Velasquez et dans leur version revue par Picasso. C’est stupéfiant de voir à quel point Picasso a disséqué les Maitres pour arriver à trouver un style qui lui est propre et qui tend à réduire l’espace en ligne et aplats de couleur. Travail moderne, mais au combien héritier de l’ancien. C’est à croire que je ne peux m’empêcher d’historiciser tout ce que je vois ! Serait-ce une déformation professionnelle ?
Un dernier conseil à ceux qui pourraient avoir envie de visiter cette exposition. La foule est au rendez-vous et il est fréquent de voir des queues dépassant une ou deux heures… il est donc judicieux de réserver ou alors d’y aller tard, très tard… Les nocturnes sont idéales pour éviter la cohue.
Je vous conseille vraiment ces deux expositions. Les œuvres sont magnifiques, le travail de présentation particulièrement clair et intelligent. Ce sont, à mon avis, deux passages obligés pour tous les visiteurs de notre belle capitale !
Mantegna, 26 septembre 2008 – 5 janvier 2009, Musée du Louvre
Picasso et les maîtres, Galeries nationales du Grand Palais, 8 octobre 2008 – 2 février 2009
Olivier Andurand, le 04/12/2008.