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Jansénisme-Thèse

Thèse

Mes recherches portent sur l'épiscopat français du premier XVIIIe siècle (1705-1754) et sur les liens de ces prélats avec le jansénisme. L'historiographie traditionnelle a essayé de définir des camps et de classer les prêtres. On ne pouvait être que bulliste ou janséniste. Emile Appolis dans son ouvrage Le Tiers Parti Catholique au XVIIIe siècle a montré qu'il existait une tierce tendance ni janséniste, ni ultramontaine, dont l'intérêt pour les affaires du temps était plus que fluctuant. Il s'agit donc d'affiner cette remarque et de montrer que les fameux "camps" traditionnels ne sont qu'illusion et qu'un même prélat peut passer d'un augustinisme très rigoriste voire jansénisant, à un bullisme intransigeant.

Les différents travaux qui ont été faits sur le clergé au siècle des Lumières ont fait la part belle aux curés, mais le haut clergé dans son ensemble a été assez peu étudié. Si Michel Peronnet a consacré sa thèse aux évêques de l'Ancienne France, il a beaucoup insisté sur le caractère administratif de l'évêque, mais il s'est peu intéressé aux personnalités qui sont fondamentales pour comprendre les évolutions des prélats. En matière de religion comme de politique, les affinités sont parfois plus importantes que les principes ...

Evêques du XVIIIe siècle

Le corps épiscopal est assez méconnu au XVIIIe siècle. Si quelques grandes figures émergent, il n’en reste pas moins qu’elles représentent une toute petite minorité de ces prélats. Pour palier cette lacune de l’historiographie, j’ai entrepris de constituer une prosopographie de ces personalités si importantes dans la vie religieuse française. J’ai choisi de présenter sur cette page les biographies des évêques du XVIIIe siècle pour lesquels j’ai aussi découvert un portrait afin de donner plus de chairs à ces hommes.

Documents

Les chercheurs en histoire religieuse se heurtent souvent à un certain nombre de difficultés qui peuvent se résoudre facilement grâce à quelques repères pratiques. J’ai choisi de présenter ici quelques documents qui peuvent se révéler être des outils assez utiles pour ceux qui travaillent sur des sujets voisins. Du texte de la Bulle Unigenitus à La Tour de Babel, un classement des évêques en fonction de leur attitude face à l’acceptation de la constitution, j’ai aussi choisi de présenter quelques textes qui peuvent se révéler d’une grande utilité pour les amateurs d’histoire religieuse moderne et janséniste.

La Religion en Images

Le XVIIIe siècle a connu une très forte production d’images imprimées. La querelle janséniste a été relayée de manière constante par des caricatures, ou au contraire des éloges figurés des différents partis. Les austères ouvrages de théologie sont très souvent illustrés par d’admirables gravures réalisées par les plus grands peintres du temps ; par exemple le Missel de Paris dont les quatre frontispices ont été exécutés par Boucher lui-même. On ne l’attendait pas forcement dans ce registre, lui que l’on connaît surtout pour ses magnifiques odalisques. Les images religieuses présentées ici ont un intérêt historique et contribuent à mieux connaître certains aspects de la religion catholique du siècle des Lumières, mais ellis ont aussi un aspect esthétique indéniable qui les fait participer pleinement à l’art du règne de Louis XV.

Communications

- "Fluctuat nec mergitur, Louis-Antoine de Noailles face aux débats sur la bulle Unigenitus", Journée d'étude "Bon gré mal gré : les échanges interconfessionnels dans l’Occident chrétien (XIIe - XVIIIe siècles)", Université de Cergy-Pontoise, le 28 Mai 2010.

Le cardinal de Noailles est l’une des figures les plus importantes du clergé français au début du XVIIIe siècle. Archevêque de Paris depuis 1695, cardinal depuis 1700, il est considéré par ses pairs comme un modèle de zèle pastoral. Pourtant son attitude autour de la question lancinante du jansénisme pose de multiples interrogations. Lors de la querelle du quiétisme, on le trouve défenseur acharné des libertés de l’Eglise gallicane, mais en 1705, puis en 1709, il n’hésite pas à s’opposer aux sœurs de Port-Royal et à organiser la destruction du monastère. En 1713, lorsque la bulle Unigenitus arrive en France, le cardinal de Noailles est un homme isolé. Les ultramontains s’en méfient, et les port-royalistes ont du mal à le considérer comme un des leurs. Seulement les ambigüités du personnage n’en sont qu’à leur commencement. En effet, dès 1714, le cardinal se range dans le camp des « refusants », il demande que le pape s’explique sur les propositions condamnées dans la bulle. On pense à le démettre, à le juger, mais la mort de Louis XIV lève les embûches. En 1715, de retour en grâce, il devient chef du conseil de conscience du Régent et va œuvrer à négocier un accommodement entre les différentes tendances du clergé de France. Malgré ces travaux, il s’en suit pas moins le mouvement de l’appel initié par les évêques de Senez, Boulogne, Mirepoix et Montpellier. En 1719, il publie une instruction pastorale pour se justifier aux yeux de ses diocésains. Il accepte cependant l’accommodement en 1720 mais les errements n’en sont pas finis pour autant. Pendant les neuf années suivantes, le cardinal oscille entre les jansénistes et zelanti.. On le pensait fort dans son refus, il se soumet à la bulle, mais rejette son acceptation aussitôt après. La figure du cardinal de Noailles montre bien la complexité des attitudes face à la bulle Unigenitus. Les parcours directs sont rares, et ces revirements de l’archevêque le plus important du royaume montre qu’il est souvent difficile de trouver une harmonie entre les nécessités politiques et ce que la conscience et la foi peuvent dicter.

- "Mgr Soanen, martyr de la Vérité. La construction de l'image de l'évêque martyr dans la littérature janséniste", Journée d'étude CHSCO "Le martyre en histoire", Université de Paris Ouest Nanterre, le 14 Novembre 2009.

Les grandes figures du jansénisme du XVIIIe siècle ont connu rapidement une publicité phénoménale. Par le texte et l’image, les zélateurs du mouvement se sont empressés de faire connaître à un public avide de récits, les hauts faits de ces personnages à la sainteté éclatante. François de Paris, diacre mort en odeur de sainteté, a été le modèle sur lequel les auteurs se sont inspirés pour écrire les hagiographies des prélats jansénistes comme Jean Soanen, évêque de Senez. Par une série d’associations et de référence, l’abbé Jean-Baptiste Gaultier, dans sa Vie de Messire Jean Soanen, Evêque de Senez, construit une image idéalisée de celui qu’il présente comme le modèle de l’évêque défenseur de la vérité. L’Antiquité est mobilisée pour fournir les comparaisons. Soanen devient le successeur d’Hilaire de Poitiers et de Jean Chrysostome ; comme lui, ces deux évêques ont été injustement condamnés et leur sainteté n’en a été que plus éclatante. En effet, c’est lors du concile d’Embrun de 1726, que Soanen est déposé pour n’avoir pas rétracté une instruction pastorale aux accents jansénistes trop prononcés. Mais les biographes ne s’arrêtent pas là, et aux Pères de l’Eglise, ils ajoutent les Apôtres, Paul, Jean et enfin le Christ lui-même. A leur exemple, il doit souffrir l’exil, la souffrance, mais sa présence est gage de prodiges ; il fait cesser la pluie, le climat autour de La Chaise-Dieu s’embellit, alors qu’il se détériore à Senez. A la mort de l’évêque, son corps est vénéré à l’égal de celui d’un saint et ses vêtements deviennent de véritables reliques. Soanen n’est pas à proprement parler un martyr. Ses hagiographes n’évoquent jamais de sang et la mort ne vient qu’après quatorze ans d’exil, mais ils veulent faire de lui un modèle de comportement. La foi n’est pas contingente aux circonstances, et par la figure de Mgr Soanen, les jansénistes appellent leurs partisans à conserver intacte le « dépôt de la Vérité », et si besoin, de souffrir ou de mourir pour le défendre.

- "Mgr de Camilly en sa bibliothèque. Quelques aspects de la culture d'un évêque au XVIIIe siècle", Société archéologique de Touraine, Tours le 28 Octobre 2009.

Les réserves de la Bibliothèque municipale de Tours sont importantes et il arrive régulièrement d’y trouver des documents qui n’ont pas encore fourni toutes leurs richesses. C’est le cas de la côte B706 intitulée Bibliotheca camilliana. Dans ce vaste catalogue dressé en 1726, soit trois ans après la mort de Mgr de Camilly, il est possible de voir quelle pouvait être l’étendue intellectuelle d’un prélat du début du XVIIIe siècle. A travers les presque 3000 références, on perçoit qu’être homme d’Eglise n’exclut pas un goût prononcé pour la culture profane. L’archevêque aime l’histoire, et c’est un pan essentiel de sa bibliothèque, et son intérêt va de l’histoire de la France aux autres pays d’Europe mais aussi de l’histoire politique à la diplomatie ou aux questions de successions dynastiques. Mgr de Camilly aime la littérature. S’il a lu les grands classiques latins et grecs, il est aussi un lecteur assidu des œuvres de son temps, de Saint-Evremont à Voiture en passant par Racine, Corneille et Madame de La Fayette. Mais c’est en théologie que l’analyse du catalogue se révèle la plus riche. Docteur de la prestigieuse Sorbonne, l’archevêque a lu et travaillé les grands textes de la patristique et de la scolastique. On peut constater que la sensibilité du prélat le porte vers une spiritualité proche de Port-Royal. Jansénius, Arnauld et les Messieurs sont en bonne place dans la bibliothèque. Cela confirme l’hypothèse de René Taveneaux qui fait de Mgr de Camilly un homme proche du jansénisme mais qui a toujours réprimé les actes de prosélytisme officiels. Par l’étude du catalogue d’un grand prélat, on arrive donc à discerner l’une des ambiguïtés du jansénisme au XVIIIe siècle : courant de réflexion essentiel du clergé français, il ne peut s’exprimer pleinement sans risquer des sanctions importantes. La foi doit-elle passer avant la carrière, c’est une question cruciale que nombre de futurs évêques ont du se poser et Mgr de Camilly n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ce « jansénisme contrarié. »

- "Le jansénisme entre orthodoxie et hérésie", Société des Amis du Château de Blois, Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire, Blois le 18 Mai 2009.

Faire l’histoire du jansénisme n’est pas chose aisée ; les représentations autour du mouvement sont fortes et largement ancrées dans l’opinion : le jansénisme serait une sorte de calvinisme, un mouvement uniquement repérable au XVIIe siècle et ses partisans, malgré leur grand talent, sont souvent proches de l’hérésie. Ces images ne rendent pas justice à l’un des courants les plus prolifiques du catholicisme français de la Contre-Réforme. Replaçant la querelle janséniste dans son contexte tant politique et  théologique  qu’ecclésial, il s’agit de montrer que l’opposition entre rigorisme et laxisme est une des questions essentielles du débat chrétien depuis le Moyen-Âge mais surtout depuis la Réforme.  Le débat ressurgit de façon violente au XVIIe siècle à l’intérieur du monde catholique ; Port-Royal devient le symbole de la rigueur morale et sacramentelle, contre des Jésuites plus tolérants. Parti de cette abbaye de la vallée de Chevreuse, le mouvement touche toute la société et même une partie de la Cour. Victime de la volonté d’unité religieuse voulue par Louis XIV, les jansénistes sont persécutés, le couvent de Port-Royal des Champs fermé et les religieuses exilées. La bulle Unigenitus de 1713 au lieu d’en finir, réactive l’opposition des jansénistes. L’Appel des Quatre Evêques, les miracles du diacre Pâris comme celui touchant le jeune blésois Texier, fils du Président au Présidial de Blois, donne une nouvelle image au jansénisme qui devient source d’opposition politique et même une des origines de la Révolution de 1789. Au terme de ce parcours, les images sont moins tranchées qu’il n’y parait, le jansénisme est un mouvement complexe et protéiforme qui a influencé largement la vie religieuse de la France à l’époque moderne.

- "La question religieuse en France de la Révolution à l’Empire, 1789-1815", Université de Poitiers, le 14 Avril 2009.

Si les structures religieuses de la France moderne restent à peu près stables durant la période moderne, ce n’est plus le cas durant l’époque agitée de la Révolution et de l’Empire. A partir de 1789, le clergé commence une évolution qui va le conduire au schisme, aux persécutions et à la clandestinité, puis à la résurrection avec Bonaparte et la mise en place du Concordat de 1801. Si l’essentiel du propos est centré sur l’Eglise catholique qui concerne la majorité de la population à l’époque, les autres confessions sont aussi abordées en particulier les Luthériens et les Calvinistes, et également la confession israélite qui est progressivement reconnue par le gouvernement français à partir de 1806-1808. Puis, il a été largement question des religions entre le pouvoir et l’Eglise, et surtout de l’utilité sociale et politique de la religion. En effet, Robespierre comme Napoléon Bonaparte ont compris que la religion pouvait être un excellent auxiliaire pour encadrer les populations. Du culte de l’Etre Suprême à la célébration annuelle de la saint Napoléon, le but est le même, soumettre les Français au gouvernement par le biais de la croyance. Cette période est riche d’enseignements. Effectivement, elle fait passer les Eglises à la modernité, et l’Empire met en place les cadres essentiels qui vont gouverner la politique religieuse de la France jusqu’en 1905 et même jusqu’à aujourd’hui si l’on considère les trois départements concordataires d’Alsace-Moselle.

- "Conciliation et accommodement dans l'affaire de la bulle Unigenitus, 1713-1720", Journée d'étude CHSCO "Conciliation et réconciliation", Université de Paris X Nanterre, le 11 Octobre 2008.

La querelle de l’Unigenitus a bouleversé la vie religieuse française au XVIIIe siècle. C’est une des toutes premières ruptures de ce moment mouvementé de l’histoire. La bulle a été demandée par Louis XIV dans le but de faire cesser la division du clergé français. Les Réflexions morales sur le Nouveau Testament du Père Quesnel, un prêtre de l’Oratoire, ont été un grand succès de librairie, mais on soupçonne le livre d’être fauteur de jansénisme, tant à Rome qu’à Paris. C’est donc pour condamner Quesnel que Louis XIV obtient du pape Clément XI la bulle Unigenitus Dei Filius qui condamnait 101 propositions de cet ouvrage si scandaleux. Pour faire recevoir la bulle en France, le roi convoque une assemblée des prélats présents à Paris en septembre 1713. Sous la présidence du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, les évêques avaient pour but de recevoir la constitution pontificale et de manifester leur soumission aux volontés du roi et du pape. Mais nombre de prélats français sont gallicans et leur conception de l’Eglise leur interdit de recevoir la constitution sans explications. L’Assemblée prépare donc la rédaction d’une instruction pastorale expliquant la bulle et manifestant l’assentiment des évêques de France à cette décision romaine. Noailles, considérant ce texte comme insuffisant propose que le clergé de France demande des explications au pape. L’opposition de Noailles est aussitôt condamnée par le roi qui exile Noailles et ses séides dans leurs diocèses. On pense même juger le cardinal de Paris par l’entremise d’un concile national. Mais la mort du roi, et l’arrivée au pouvoir du petit Louis XV et du Régent, Philippe d’Orléans, retourne la situation. Le nouveau pouvoir fait rentrer Noailles en grâce et lui donne en prime la Feuille des bénéfices. C’en est trop pour Rome qui prend cette nomination comme une trahison et en représailles, le pape refuse l’envoie des bulles d’investiture canonique. Le Régent est donc dans une situation religieuse difficile, mais il poursuit la grande entreprise de son gouvernement : parvenir à un accommodement entre acceptants et « refusants » comme on dit à Rome. Les évêques de France poursuivent donc les négociations entre les tendances. Noailles subit de multiples pressions, et, en 1717, pour le soutenir dans sa position de résistant, quatre évêques, MMgrs Langle, La Broue, Soanen et Colbert, appellent de la bulle au futur concile général. Pour Clément XI, en 1718, la mesure est à son comble, il excommunie les appelants par les lettres Pastoralis Officii. Le Régent, exaspéré, n’en cherche pas moins à poursuivre sa politique. Après d’autres tractations auprès de Noailles, et des cardinaux Bissy et Rohan, il arrive enfin à réaliser son œuvre : un corps de doctrine est publié en 1720 et il constitue une synthèse, acceptable par tous, de la bulle Unigenitus, des apports de l’instruction pastorale de 1714 et des œuvres de Noailles. « J’ai bridé mes ânes », aurait dit le Régent. Mais la querelle n’en est pas finie pour autant. Les curés parisiens refusent l’accommodement, certains évêques réappellent. La recherche du consensus aura été un échec, car aucun cas ne peut se permettre de transiger sur des questions aussi fondamentales que le dogme et les vérités essentielles de la foi. Il y a donc eu conciliation durant cette douloureuse période, car les points de vue opposés ont dû se rapprocher sur les ordres du pouvoir, mais l’accommodement, cet acte de mesure et de concessions réciproques, a été un échec qui a enclenché une reprise encore plus virulente des tensions entre jansénistes et ultramontains.

- "Un Evêque face aux Lumières. Jean-Georges Le Franc de Pompignan et les Philosophes", Université de Potsdam, le 18 Juillet 2008.

Mgr Le Franc de Pompignan, évêque du Puy de 1742 à 1774, puis archevêque de Vienne jusqu’en 1790 a été un des évêques les plus engagés dans la lutte contre la philosophie des Lumières. Dans son Instruction pastorale sur la prétendue philosophie des Incrédules modernes, il entreprend de réfuter la pensée des grands auteurs de l’époque en particulier Voltaire, Rousseau et dans une moindre mesure Diderot et Helvétius. Dans ce texte, il veut de démontrer que les Philosophes sont des incrédules qui tentent de saper les bases de la religion catholique en tournant en dérision ou en méprisant les dogmes essentiels du catholicisme. Voltaire est méprisé, Rousseau réfuté mais admiré. Le citoyen de Genève, sous la plume de l’évêque, est un vrai penseur de valeur, dont le seul tort est de ne pas croire en la Révélation. Le but de Pompignan est de fournir à ses lecteurs des armes contre la philosophie et de réaffirmer que la religion est la vérité. Le débat entre l’évêque, Rousseau et Voltaire montre toutefois la force de la nouvelle pensée et l’obligation pour Mgr de Pompignan de se battre avec les armes de ses ennemis. La lecture de ce texte tendrait à montrer que, dès le milieu du XVIIIe siècle, le vocabulaire, les thèses des Philosophes sont devenues incontournables et que leurs idées de liberté et de tolérance tendent à renverser les bases chrétiennes de la pensée.

- "Histoire du jansénisme en France, XVII-XVIIIe siècles", Université de Poitiers, le 5 Mars 2008.

L’objet de cette communication était de présenter à un public novice les grandes caractéristiques de la querelle janséniste. En repartant des textes évangéliques et patristiques, il était possible de présenter les problèmes à la base de la querelle janséniste. Naturellement, l’essentiel de l’exposé a porté sur le XVIIe siècle. Après un rappel du contexte d’opposition entre les jésuites et l’université de Louvain, il a fallu insister longuement sur Jansénius et sur l’Augustinus. Ensuite, le champ géographique s’est déplacé vers la France pour ne plus la quitter. Après une trop brève histoire du monastère de Port-Royal, nous nous sommes intéressés aux grands personnages et à leurs combats, Arnauld, Pascal, les Provinciales… en nous appuyant sur les textes, nous avons essayé de comprendre le succès du port-royalisme en France. Mais, l’histoire du mouvement ne s’arrête pas à ces faits bien connus. Pour terminer l’exposé, nous nous sommes penchés sur le XVIIIe siècle et sur les aspects moins connus du jansénisme. De la bulle Unigenitus à la Révolution, le parcours janséniste a évolué de la défense des droits de Dieu à la défense des droits de la Nation pour reprendre un titre de Catherine Maire. On voit donc une question religieuse se transformer en question politique et devenir une des sources dogmatiques de la Révolution française.

- "Mgr Jacques Benigne Bossuet, 1716-1742, champion du jansénisme?" in colloque Troyes et la Champagne méridionale entre Absolutisme et Lumières: un pays à l’épreuve de la modernité, Centre Pithou, Troyes, 26 et 27 Octobre 2007.

Bossuet le Neveu est un prélat peu connu du XVIIIe siècle, et porter le même nom que son auguste oncle n’a pas aidé à sa notoriété. Pourtant, il est une des figures importantes du mouvement janséniste et gallican. Son épiscopat troyen est très emblématique des querelles du temps. Nommé à Troyes en 1718, après une longue traversée du désert, Mgr Bossuet est un ardent défenseur des appelants. Son séminaire est favorable aux positions quesnelliennes, et ses curés ne sont pas soumis à la signature du Formulaire. Il est aussi très engagé au niveau national pour défendre Soanen, l’évêque de Senez, déposé par le concile d’Embrun, mais aussi pour critiquer les jésuites et leurs thuriféraires comme Languet, l’archevêque de Sens, ou Belsunce, le très zélé évêque de Marseille. Enfin l’épiscopat de Bossuet a été marqué par la grande affaire du Missel. Le Missel de Troyes est combattu avec force par Languet mais aidé par Petitpied, l’une des plumes du mouvement janséniste, Bossuet riposte, et le combat dure plusieurs années. Il s’achève, certes, par une défaite de Bossuet qui doit retirer les plus grosses innovations de son missel, mais ce livre, pourtant tellement décrié, restera en vigueur jusqu’au milieu du XIXe siècle… Belle longévité… Bossuet, usé par les combats et affaibli, démissionne de son évêché en 1742 et décède quelque mois plus tard, ouvrant la porte à une reprise en main sévère du diocèse de Troyes.

- "La querelle janséniste à Tours : De l’Appel à la reprise en main. Le diocèse et le chapitre métropolitain de Tours de 1714 à la reprise en main de Mgr de Camilly et de Mgr de Rastignac", Société archéologique de Touraine, Tours le 21 Février 2007.

Tours est un archevêché prestigieux, mais endormi au XVIIIe siècle. Les archevêques gèrent tranquillement leur diocèse sans que l’actualité nationale ne les atteigne violemment. Pourtant, en 1713, tout change. Mgr Isoré d’Hervault fait partie des prélats chargés par Louis XIV d’examiner la bulle Unigenitus. Hervault la critique et meurt peu de temps après l’assemblée du clergé de 1714. La métropole tombe au main du chapitre de Saint-Gatien de Tours. Par fidélité au défunt et par conviction propre, les chanoines s’engagent dans la voie de l’appel. C’est en 1720 que la situation change. Le gouvernement nomme à Tours, Mgr Blouet de Camilly, ancien évêque de Toul. Heureusement pour les chanoines, le nouvel archevêque n’arrive en Touraine qu’en 1723 et la mort l’emporte après six mois de règne. Ses six mois ont tout de même permis à Camilly de faire recevoir, par la force, la bulle Unigenitus. En 1723, le chapitre est toujours appellant mais il va devoir faire face à la détermination du nouvel archevêque, Mgr Chapt de Rastignac. Celui-ci, alternant la force et la persuasion, réduit la position janséniste. En 1728, l’archevêque prend enfin possession de sa cathédrale, il lui a fallu cinq ans pour réduire le chapitre métropolitain. Le diocèse de Tours est rentré dans le giron de l’orthodoxie romaine… Mais pour combien de temps ?